tétranyque tisserand / acarien tétranyque (Tetranychus urticae)

Le tétranyque tisserand ou acarien tétranyque (Tetranychus urticae) est l’un des acariens ravageurs les plus répandus en France, en particulier sous serre. Il est également fréquent sur les plantes d’intérieur, les plantes ornementales du jardin et de nombreuses plantes sauvages. En horticulture et en maraîchage, il figure parmi les nuisibles les plus problématiques en raison de sa reproduction rapide et de sa grande diversité de plantes hôtes.

Occurrence

En France, le tétranyque tisserand est très courant dans les serres (d’où son nom d’araignée rouge des serres), mais il est aussi présent en plein air lors des périodes chaudes et sèches. Il attaque aussi bien les cultures professionnelles que les jardins particuliers.

Alimentation

Le tétranyque tisserand s’attaque à plus de 200 espèces de plantes. Il constitue un problème majeur pour les jardiniers et les producteurs. Parmi ses plantes hôtes figurent :

  • arbres et arbustes

  • arbres fruitiers

  • plantes potagères

  • plantes à baies

  • plantes ornementales et fleurs

Lutte

La lutte contre les tétranyques repose avant tout sur l’équilibre entre les acariens nuisibles et leurs ennemis naturels. En pratique, cela consiste principalement à introduire des auxiliaires, en particulier des acariens prédateurs. En dernier recours, on peut éliminer tous les acariens (ravageurs et auxiliaires) présents sur une plante afin de repartir sur une base saine, par exemple à l’aide de savon insecticide.

Lutte contre les tétranyques

La méthode de lutte la plus reconnue contre les tétranyques repose sur plusieurs étapes. La plus importante est l’introduction d’auxiliaires, notamment les acariens prédateurs.

1. Identification

Si vous soupçonnez une infestation de tétranyques, la première étape consiste à confirmer leur présence.

Pour les observer, l’utilisation d’une loupe est indispensable. Inspectez attentivement la face inférieure des feuilles afin de repérer :

  • les acariens

  • les fils de soie

  • les exuvies (peaux laissées après les mues)

Une méthode très efficace consiste à placer une feuille de papier blanc sous une feuille, puis à gratter doucement le dessous avec une règle ou un couteau non tranchant. Les acariens tombent alors sur le papier et deviennent plus visibles.

Les tétranyques peuvent être verdâtres, jaunâtres, orangés, rougeâtres ou brunâtres. Sur les plantes, ils sont extrêmement difficiles à distinguer à l’œil nu.

2. Élimination des feuilles fortement attaquées

Pour réduire rapidement la population, il est conseillé de supprimer les feuilles les plus infestées. Ces feuilles sont de toute façon peu utiles à la plante.

Les feuilles retirées doivent être détruites immédiatement afin d’éviter la dispersion des acariens vers d’autres plantes.

3. Auxiliaires (prédateurs)

Les auxiliaires constituent le moyen de lutte le plus efficace et le plus durable contre les tétranyques. Ils sont écologiques et sans danger pour les plantes, les animaux et l’homme.

La lutte biologique repose principalement sur d’autres acariens, appelés acariens prédateurs. Les principaux auxiliaires utilisés en France sont :

  • l’acarien prédateur des thrips (Amblyseius cucumeris)

  • l’acarien prédateur du tétranyque (Phytoseiulus persimilis)

  • la punaise prédatrice Orius majusculus

  • certaines larves de chrysopes (Chrysopa perla)

Phytoseiulus persimilis est l’auxiliaire le plus couramment utilisé. Il peut consommer jusqu’à 20 œufs de tétranyques ou 5 adultes par jour. C’est le prédateur principal du tétranyque tisserand.

Les acariens prédateurs se distinguent des tétranyques par leurs pattes plus longues, leurs pattes antérieures souvent dirigées vers l’avant et leur comportement plus actif. Ils sont généralement rouges ou orangés.

4. Température et humidité

La diminution de la température et l’augmentation de l’humidité de l’air permettent de ralentir fortement la reproduction des tétranyques. Cette mesure constitue l’un des rares moyens préventifs, même s’il est impossible de s’en protéger totalement.

Tétranyques en serre

En serre, le tétranyque tisserand est souvent appelé araignée rouge des serres, bien qu’il s’agisse de la même espèce que celle attaquant les plantes d’intérieur ou de jardin.

Les cultures les plus touchées sous serre sont notamment :

  • le concombre

  • la tomate

  • le pois

  • le haricot vert

  • la laitue

La lutte en serre repose sur l’introduction d’auxiliaires et, en dernier recours, sur l’utilisation de savon insecticide.

Tétranyques sur plantes d’intérieur

Sur les plantes d’intérieur, il est important de commencer par une identification précise.

Dans de nombreux cas, une lutte intensive n’est pas nécessaire. Des pulvérisations régulières d’eau peuvent suffire à faire tomber les acariens. Il est essentiel de bien traiter la face inférieure des feuilles, où se concentrent les acariens et leurs œufs.

Si l’eau seule est insuffisante, l’utilisation de savon insecticide peut être envisagée.

Moyens de lutte contre les tétranyques

Il n’existe pratiquement qu’un seul produit réellement efficace contre les tétranyques : le savon insecticide.

Le savon insecticide ne doit être utilisé qu’en cas de forte infestation et uniquement sur les plantes atteintes, car il élimine également les auxiliaires. C’est pourquoi la lutte biologique reste, dans la majorité des cas, la solution la plus efficace et la plus durable.

Dégâts causés aux plantes

Plantes attaquées

Les tétranyques peuvent s’attaquer à plus de 200 espèces de plantes, incluant fleurs, arbustes à baies, légumes, arbres et arbres fruitiers. En serre, les concombres sont particulièrement sensibles.

Toiles

Tous les tétranyques, mâles et femelles, produisent une fine toile qui protège les œufs et facilite leurs déplacements entre les parties de la plante.

Pièces buccales

Les tétranyques possèdent des pièces buccales en forme de stylet, leur permettant de percer les cellules végétales et d’en aspirer le contenu.

Symptômes sur les feuilles

Les feuilles prennent une coloration grisâtre ou jaunâtre. À un stade avancé, des zones nécrosées apparaissent et la plante peut perdre l’ensemble de son feuillage.

Dégâts sur les fleurs

Les fleurs attaquées brunissent et se dessèchent prématurément.

Cycle de vie du tétranyque

Le cycle de vie comprend quatre stades :

  • œuf

  • larve

  • nymphe

  • adulte

Dans des conditions favorables (température élevée et faible humidité), le développement de l’œuf à l’adulte peut durer 5 à 7 jours. À 26 °C et avec une humidité normale, il dure environ 10 jours. En France, le cycle complet dure généralement 15 à 20 jours selon les conditions climatiques.

Œufs

Une femelle pond entre 50 et 200 œufs au cours de sa vie. Les œufs non fécondés donnent des mâles, les œufs fécondés des femelles. Les œufs sont ronds, translucides à jaunâtres, mesurent environ 0,13 mm et sont invisibles à l’œil nu. Ils sont maintenus par les toiles, ce qui les rend encore plus difficiles à détecter.

Larves

Les larves possèdent six pattes, sont presque incolores et consomment peu de nourriture.

Nymphes

Les nymphes ont huit pattes et ressemblent aux adultes, mais sont plus petites et immatures. Elles passent par deux stades avant de devenir adultes.

Adultes

Les adultes mesurent environ 0,3 à 0,4 mm. Leur couleur varie du vert jaunâtre à l’orange, au rouge ou au brun. Les femelles hivernantes sont souvent orange à rouge-orangé. On distingue souvent deux taches sombres visibles à travers le corps, correspondant au contenu digestif.

Les adultes hivernent dans les pelouses, friches, bordures de routes, mauvaises herbes, sous les feuilles mortes ou dans l’écorce des arbres. Au printemps, ils migrent vers les plantes hôtes, s’accouplent et commencent à pondre.

Influence du climat sur les tétranyques

Le climat joue un rôle majeur dans le développement et la prolifération des tétranyques.

Plus les températures sont élevées, plus les générations se succèdent rapidement. Les conditions sèches favorisent fortement leur multiplication, car :

  • la faible humidité raccourcit le cycle de développement

  • certaines maladies fongiques naturelles des tétranyques sont moins actives

  • les populations d’auxiliaires diminuent

La combinaison de températures élevées et d’une faible humidité constitue donc un facteur clé dans les explosions de populations de tétranyques.